ED 395 - Appel à contribution - Journée d'études " Ce que fait le concept à l'oeuvre"

Publié le 19 mai 2017 Mis à jour le 19 mai 2017

Date limite de soumission : 25 juin 2017

Appel à communication
Journée d’études Marges n° 27
« Ce que fait le concept à l’oeuvre »

Rejetant l’idée d’un art qui serait conceptuel, Gérard Genette affirme, dans L’OEuvre de l’art, qu’il n’y a que des oeuvres conceptuelles, puisque « l’état conceptuel » est présent hypothétiquement au sein de chaque oeuvre et se vérifie au « coup par coup, oeuvre par oeuvre, et selon une relation fluctuante entre l’intention de l’artiste et l’attention du public, ou plutôt du récepteur individuel » (Genette ; 1994).
La formule « art conceptuel » désigne communément le groupe restreint d’artistes newyorkais travaillant à partir des années 1960 autour de Seth Siegelaub et sa définition met habituellement en avant le primat du concept sur la forme et l’art comme objet de l’art. Elle a pu être appliquée cependant, par les commentateurs des décennies suivantes, à d’autres groupes artistiques, aires géographiques et périodes chronologiques. Cet élargissement a eu pour conséquence de diluer la formule initiale. Une telle évolution affecte la réception traditionnelle des oeuvres d’art, allant même jusqu’à ce que Luis Camnitzer nomme « conceptualisme » et qui comprend « des oeuvres et des pratiques qui, réduisant radicalement le rôle de l’objet d’art, ré-imaginent ses possibilités vis-à-vis des réalités sociales, politiques et économiques dont il est issu » (Camnitzer ; 1999).
Les termes « concept » et « conceptuel » ont ainsi pu être utilisés pour désigner diverses pratiques : le refus des médiums traditionnels, la dématérialisation de l’objet d’art, le décloisonnement des disciplines, l’attachement à des oeuvres processuelles ou performatives, la mise en exergue du contexte d’exposition ou du caractère relationnel de l’oeuvre, etc. Dès lors, la
dimension conceptuelle de l’oeuvre est à considérer dans une définition plus générale et touche aussi à d’autres pratiques et domaines que les arts visuels. On assiste ainsi à une« autonomisation de l’état conceptuel » de l’oeuvre (Schaeffer ; 1996), qui dépendrait également de son contexte de réception.

Axes de recherche

La journée d’études se concentrant sur la période contemporaine, les propositions qui recouperont les axes proposés ci-dessous seront privilégiées :
- Les usages artistiques et les définitions de la notion « concept » et de ses dérivés, à travers les disciplines ;
- L’extension indéfinie du « conceptuel » dans la création contemporaine (arts visuels,
littérature, musique, etc.) ;
- L’inadéquation, la critique ou le rejet de certaines oeuvres conceptuelles ; l’écart ou la concordance dans la réception des oeuvres ;
- Les modalités de légitimation des pratiques conceptuelles proposées par les artistes, écrivains, musiciens, etc. ; les instances de consécration des oeuvres « conceptuelles » ;
- L’intégration et l’exclusion de certains artistes dans le canon de l’art conceptuel ; l’histoire de l’art et la critique d’art face à l’art conceptuel ;
- La genèse des pratiques conceptuelles comme nouveaux champs artistiques et leur institutionnalisation ; leur postérité dans l’art contemporain ;
- La création des réseaux, l’institutionnalisation des arts conceptuels et son intégration sur le marché de l’art ;
- L’adaptation des institutions, des pairs, du public, etc., pour des oeuvres qui, en raison des modifications qu’elles imposent aux cadres traditionnels, nécessitent un
accueil spécifique.

Modalités

Les propositions devront nous parvenir avant le 25 juin 2017, sous la forme d’une problématique résumée (5000 signes maximum, espaces compris), adressée par courriel à Émeline Jaret (emeline.jaret@gmail.com) et à Umut Ungan (umut.ungan@ehess.fr).

Les textes sélectionnés (en double aveugle) feront l’objet d’une journée d’études à Paris, à l’INHA, le 7 octobre 2017
. Le texte des propositions retenues devra nous parvenir le 1er octobre 2017 (30.000 à 40.000 signes, espaces et notes compris). Certaines de ces contributions seront retenues pour la publication du numéro 27 de Marges en octobre 2018, aux Presses Universitaires de Vincennes.

Sites web :

http://bit.ly/1fYIHew ; https://marges.revues.org/

Mis à jour le 19 mai 2017